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Emporté par sa dérive

Dernière mise à jour : 1 févr. 2024

Photo de Esteban Amaro


Toujours les souvenirs reviennent à la surface, s’interposent entre toi et le rivage, relèvent l'ancre, parce qu’ils ne veulent plus se contenter d'agir dans les profondeurs. Le battement de tes jambes s'agite avant que tu ne te transformes en bateau sombre, des remous se forment, et tu te débats dans l'espoir de ne pas partir trop loin.

Et finalement tu partais tanguer comme un bateau sombre dans les souvenirs qui surgissaient tout autour de toi, capricieux comme la mer, retombant sur toi en piqués à la façon des mouettes qui s'abattent sur leurs proies, et qui te fracassent contre les rochers d'amertume.

Plus tard, au loin, l’accalmie. Quand le soleil frappe fort le bateau pris d'agonie, tu clignes des yeux et finit par ouvrir les paupières. Tu nous vois alors passer longuement devant des yeux, défilant silencieusement au rythme des vagues. Pour ta mémoire embrouillée nous sommes semblable à des pontons désormais détachés, tenant on ne sait comment au creux des vagues, divaguant sur leur mouvement. C'est ainsi que tu nous évoques ; nos contours sont désormais indistincts. Tu portes la main à tes lèvres, tu as soif et le soleil frappe fort, tu trembles. Tu es fatigué d'avoir lutté. La brume commence à se dissiper alors que tu voudrais qu'elle s'agite à nouveau pour ne plus être conscient.

La douce torpeur qui te retient loin de nous ne cessera pas, puisque tu recommenceras. Aucun soleil ne sera assez grand pour dissiper la longue traîne de ta brume.






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