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Chronique du film "Plonger" de Mélanie Laurent, adapté du livre du même titre par Onot-Di-Biot

Dernière mise à jour : 6 nov. 2023


On ne peut pas vivre sans apporter quelque chose au monde, surtout si l'on a l'envie de créer. Le tumulte, Paz le souhaitait, pour rendre compte de la beauté, de ce qu’elle percevait comme de la beauté. Des portraits de paysage. A Paris, elle marche à côté d’elle. Elle y a emménagée après sa rencontre avec César. Et maintenant il n’y a de place que pour son ombre.


Elle est enfermée dans son amour pour lui, elle n’a rien d’autre pour respirer et cette histoire se referme sur elle. Elle se laisse envahir par un fracas : un écho intérieur du désastre, de la lente métamorphose vers ce qu’elle n’aurait jamais du être.

Elle va devenir obsédée par la seule chose qui la relie à ce qu’elle était auparavant, à la liberté qu’elle avait : le bruit des requins sous l’eau. Savoir qu’ils vivent, savoir ce qu’ils se passent si loin, que l’on ne peut pas voir et pas atteindre. Dans d’autres profondeurs, elle attend un enfant. Elle ne le voulait pas. L’angoisse de cette maternité va un peu plus la précipiter vers son enfermement. Elle est animée par l’amour, celui qu’elle ressent pour cet homme, pour leur enfant, mais elle se perd. Ce qu’elle était auparavant n’existe plus. Ses désirs et ses inspirations, ce qui la définissait avant toute chose, n’arrivent plus jusqu’à elle, ne descendent plus profondément en elle.


Le film est magnifique. On sent dès le début que cette histoire ne va pas la combler. Dans les premiers plans, leur histoire est belle, enlevée, joyeuse. On a une succession de scènes montrant leur conversation, leur façon de faire l’amour, de tout ressentir très vite ; et puis progressivement s’insèrent des images de route, ils vont vers Paris. Et la musique s’arrête. Ils y sont. Dans cette ville qui ne peut pas tout lui offrir. Qui l’emmène loin d’elle-même. Dans le début de leur couple, ils sont dans des lieux magnifiques. Il y a cette jonction, ce lien qui fait tenir leur histoire.


Elle veut partir, il l’en empêche, il veut la protéger, et il y a des dangers à photographier le Yémen. Mais c’est là qu’elle veut aller. Alors elle se retient. Elle part ailleurs, mais elle s’épuise. Puis vient la grossesse. Elle n’est pas sûre de l’attendre, de le désirer, cet enfant. Elle ne parle plus. Et il ne pose pas assez de questions. Elle ne parle plus, sans doute pour préserver sa bulle, sans doute parce qu’elle a peur qu’il ne la comprenne pas, peur du fossé entre eux, peur de se rendre compte de la bêtise qu’elle a fait en le suivant.


On ne voit pas de scène de l’accouchement, où de scène où on lui donne son enfant, à la maternité, ce n’est pas montré à l’écran. On voit tout de suite la séparation, le bébé dans son lit, l’épuisement. Ensuite, l’absence de sommeil, et plus tard encore l’incompréhension avec César. « Il t’en faut toujours plus ».


Comment vivre quand quelqu’un nous apporte tout, alors qu’il nous manque ce dont on a besoin ?

Ce film a un ton très subtil, on comprend l’engagement de Paz à travers quelques mots, ou des scènes symboliques. On comprend aussi sa frustration, son amour, ses empêchements. Dans les scènes où le couple se délite mais tente de communiquer, les plans le montrent en filmant les murs quand ils se déplacent ; cela montre une coupure. Leur compréhension est amoindrie, il y a des obstacles qui font que le champ est petit. Quand ils sont deux, la caméra est sur elle.


J'ai vraiment adoré ce film, son propos, son ton, et la sensualité de ses plans et du montage, qui changent tout selon moi.


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